Six futurs diacres pour le diocèse de Vannes

Ils ont entre 42 et 55 ans, six hommes vont être ordonnés diacres permanents pour le diocèse de Vannes le 25 septembre prochain à 15h30 au sanctuaire de Sainte Anne d’Auray.

Portrait des six ordinants, avec le concours du service communication du Diocèse de Vannes.

Xavier et Christine Briatte

Xavier Briatte, 55 ans

Je suis né à Paris dans une famille non pratiquante. Ma grand-mère m’amenait à la messe dans les Landes pendant les vacances et à l’église Notre-Dame-des-Victoires lorsqu’elle venait à Paris. Attiré par Dieu et la Vierge Marie, j’ai demandé à faire ma première communion.

À 16 ans, le divorce de mes parents m’a profondément blessé : je ne croyais plus à l’amour. Je suis entré dans la révolte, partant à la dérive pendant dix ans. Ma quête de Dieu s’est tournée vers les sciences occultes et l’ésotérisme.

À 26 ans, témoin d’un règlement de compte, j’ai été laissé pour mort avec deux balles dans le corps ; la troisième a été stoppée par la croix offerte par ma grand-mère pour ma première communion. Me voyant mourir, j’ai dit le Notre-Père avec toute ma foi. À ce moment précis, Dieu s’est révélé à moi et j’ai vécu une conversion radicale.

Après neuf mois de souffrances physiques et morales intenses à l’hôpital et un séjour dans un centre de rééducation, j’ai repris des études d’informatique et de cinéma. La providence veillait : j’ai réalisé un cd-rom sur sainte Thérèse de Lisieux à la communauté des Béatitudes où je suis resté quatre ans. Imprégné de la vie de la communauté, j’ai pu me reconstruire et approfondir ma foi en douceur. C’est là que j’ai fait la connaissance de Christine avec qui je me suis marié en 1998. Nous avons six enfants. Aujourd’hui, je suis directeur de l’Espace Montcalm à Vannes.


Walter et Marie-France Quiroga

Walter Quiroga, 52 ans

Originaire de Buenos Aires en Argentine, j’ai grandi dans une famille non pratiquante. Adolescent, je ressentais intérieurement un appel à suivre Jésus et me demandais : « Et si tout ce qu’on m’a raconté était vrai ? » À 17 ans, un de mes amis m’a touché par sa foi et m’a convaincu de faire une retraite au cours de laquelle je me suis converti.

J’ai alors pensé que le Seigneur voulait une consécration totale de ma vie et je suis entré comme séminariste chez les missionnaires montfortains qui vivaient dans un bidonville en Argentine. J’y ai fait la connaissance de Marie-France, une coopérante française que j’ai épousé une fois sorti du séminaire. Arrivés en France, nous avons travaillé à l’école de la foi de Coutances. Je suis ensuite devenu professeur d’espagnol, à Saint-Michel de Carnac puis à Notre-Dame le Ménimur où j’enseigne actuellement. Parents de trois enfants, nous nous sommes centrés sur notre vocation d’éducateurs chrétiens tout en nous engageant dans la catéchèse paroissiale.

Proche de la fraternité Marie, Reine Immaculée puis de la paroisse d’Arradon, nous avons également des liens amicaux et spirituels avec la communauté de La Source à Bréhan et l’abbaye de Kergonan Je suis par ailleurs engagé dans la fraternité des Chevaliers de Colomb. Le Seigneur m’a donné d’aimer l’Église et a déposé dans mon cœur le désir de la servir.

Cet appel au service a préparé ma réponse au diaconat. En mai 2017, à 47 ans, j’ai entendu que le Seigneur me demandait d’être diacre et, soutenu par Marie-France, j’ai dit oui.


Joseph et Anna Shakoori

Joseph Shakoori, 42 ans

Né à Bagdad en Irak en 1980, j’ai grandi à Mossoul dans une famille fervente. L’amour de l’autel m’a été transmis par mon grand-père maternel, sous-diacre qui m’a initié très jeune à servir la messe. Au moment de l’embargo, nous avons appris à vivre dans des conditions très difficiles en nous appuyant sur Dieu et priant en tout temps. J’ai alors développé une relation simple avec le Seigneur, décidé à avancer avec lui, m’engageant dans différents services de la paroisse. Adolescent, j’ai pensé être appelé au sacerdoce, mais j’ai finalement renoncé à ce projet pour faire des études d’informatique.

À l’université, j’ai rencontré Anna dans une réunion d’étudiants chrétiens. Nous nous sommes mariés en 2006 et avons trois enfants.

J’ai été ordonné sous-diacre, après avoir été institué psalmiste et lecteur en 2008. Différent du diacre permanent, le sous-diacre est, en Orient, tourné vers le service de l’autel.

En Irak, la situation s’aggravait. Accueillis par l’association SOS Nazaréens, nous sommes arrivés à Sainte-Anne-d’Auray en 2014. Nous avons été extrêmement marqués par cet accueil généreux qui nous a permis de nous intégrer dans la société et la culture française. Nous sommes passés par des moments difficiles : barrière de la langue, reprise de mes études d’informatique à Nantes pour obtenir une équivalence, reconstruction de ma famille… Le soutien sans faille d’Anna et la conviction que Dieu nous donnait sa force m’ont permis d’avancer avec confiance en m’appuyant sur le verset de l’évangile de Jésus-Christ selon saint Marc : « Jésus posa son regard sur lui et l’aima. »

Nous avons réfléchi avec Anna à notre engagement en Église. Nous désirions à notre tour redonner ce que nous avions reçu et je désirais transmettre ma joie d’être à l’autel. Après un temps de discernement en famille, j’ai répondu oui à l’appel à devenir diacre.


Jean et Gladys M’Boungou

Jean M’Boungo, 52 ans

Né au Congo, je suis marié et père de quatre enfants.

Dès l’âge de 5 ans je suivais mon père dans ses visites pour soigner les gens. C’est grâce à l’exemple de mes parents que j’ai désiré être au service des autres.

Je souhaitais consacrer ma vie au Seigneur, mais mes parents n’avaient pas les moyens de m’envoyer au séminaire. Je me suis donc formé au métier d’électricien. Avec des amis, nous avons fondé la « communauté des noces de l’Agneau », tournée vers l’accueil de personnes dépressives, dans la mouvance du Renouveau charismatique. Mais la guerre civile est arrivée. Mon évêque m’a ensuite envoyé en propédeutique puis dans une communauté en Italie, qui a dû fermer.

En 2001, je suis arrivé à Vannes pour intégrer le séminaire. Cela n’a pu se faire pour différentes raisons. Alors que je m’apprêtais à repartir au Congo, un grave accident de vélo m’a retenu à l’hôpital. Là un prêtre m’a dit : « Le Seigneur peut t’appeler pour autre chose que la prêtrise, au service de l’Église et de la société. » Je pense que le Seigneur m’a signifié, au travers de cet accident, de rester ici.

Peu de temps après, j’ai commencé à construire ma vie avec mon ancienne compagne. Au bout de cinq ans, nous nous sommes séparés suite à des violences conjugales, qui ont failli me coûter la vie. C’était très dur, mais j’ai eu la grâce d’être accompagné par des prêtres. J’offrais tout au Christ.

Les hommes ne dénoncent pas les violences conjugales qu’ils subissent. Aujourd’hui, dans mon travail de gardien d’immeuble, j’en parle pour réconforter ceux que je rencontre. Le Seigneur m’a mis au cœur de prier pour cette compagne qui, aujourd’hui, a repris le chemin de l’Église, a accompagné notre fils Alban au catéchisme, et me demande de prier pour elle !

Après être longtemps resté seul à Lorient, travailleur à l’usine, puis veilleur de nuit, priant le Seigneur de m’éclairer sur ma vie, j’ai découvert que j’avais une fille, Déborah, d’une amie d’autrefois au Congo, Gladys. Nous nous sommes mariés en 2010, et aujourd’hui nous cheminons ensemble, attentifs à l’Esprit qui nous parle à travers sa Parole, les évènements et au fond de notre cœur.


Emmanuel et Françoise Descamps

Emmanuel Descamps, 55 ans

Je suis né dans une famille catholique pratiquante en Algérie où j’ai vécu jusqu’à l’âge de 8 ans avant de déménager à La Réunion. Adolescent, j’étais engagé dans ma foi et l’aumônier du lycée m’a offert un jour un Nouveau Testament en vue de mon entrée au séminaire ! Cet épisode a été pour moi un premier appel. Après le baccalauréat, des études de droit puis l’accompagnement d’élèves en grande difficulté, j’ai effectué mon service militaire comme officier à Vannes où j’ai rencontré Françoise. Jeunes mariés, nous sommes partis en coopération missionnaire au Sénégal. À notre retour, j’ai travaillé à la vie scolaire d’un établissement.

Intéressé par la biologie, l’écologie, les soins au naturel, je suis devenu naturopathe, métier que j’ai cessé au bout d’une dizaine d’année : j’avais glissé vers l’énergétique et, malgré moi, vers un certain ésotérisme. Mais soutenu par les sacrements et la prière, j’ai retrouvé la paix et compris que le Seigneur était avec moi en tout temps.

Je me suis alors formé au conseil conjugal et à l’éducation affective, relationnelle et sexuelle, ce qui m’a permis d’intégrer l’équipe de formation humaine de l’enseignement catholique du Morbihan. Coordinateur et animateur en éducation affective, relationnelle et sexuelle, j’assure le soutien des équipes éducatives dans ce domaine et suis responsable de l’école de formation qui y est attachée.

L’appartenance à différents mouvements chrétiens selon les étapes de ma vie : Vivre l’Évangile aujourd’hui, Communauté de vie chrétienne (CVX), Focolari, a soutenu ma foi et notre engagement en couple. Nous sommes aujourd’hui proches des Franciscains de Cholet.

En 2010, un prêtre ami s’est un jour mis entre Françoise et moi en disant : « Seigneur, je te loue pour ce diacre et son épouse ! » Encouragée par Françoise, j’ai discerné quelques années avant de répondre oui à cet appel du Seigneur.


Arnaud et Véronique Marty

Arnaud Marty, 54 ans

Je suis marié avec Véronique depuis 26 ans. Nous avons six filles. Né dans les Hautes-Pyrénées j’ai grandi dans une famille chrétienne peu pratiquante. Ma foi s’est approfondie grâce au scoutisme. Adolescent, ma vocation de médecin s’est précisée et je suis entré dans le service de santé des armées pour devenir médecin militaire. À la même époque mon ancien chef de troupe scoute et ami devenait diacre permanent ; un premier appel au diaconat a alors germé en moi. En 1996, fiancés, nous étions à Sainte-Anne-d’Auray pour entendre saint Jean-Paul II nous dire : « Vous les jeunes, vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde. »

Études achevées, j’ai été affecté comme médecin généraliste à Briançon. Deux concours et six nouvelles années d’études plus tard, me voici chirurgien orthopédiste à l’hôpital militaire de Metz. En mission six mois par an en Afrique et en Afghanistan, j’ai côtoyé la guerre, la misère, la souffrance. Mais ce n’était pas ma vocation médicale profonde. Dieu fait de nos fragilités le terreau fertile dans lequel Il nous fait mûrir. Arrivé en stage de soins palliatifs à la clinique des Augustines de Malestroit, j’en repartais avec une proposition de poste de médecin de rééducation ! Un nouveau cursus plus tard, nous débarquions en Morbihan. Pleinement à ma place, ma vocation de médecin et de chrétien se déploie dans cette spécialité si humaine au service de mes frères fragilisés par leur handicap.

Régulièrement travaillé par cet appel au diaconat, le discernement en a été long. La communauté de familles à laquelle nous appartenons, Ecclesiola, nous a forgés par la liturgie des heures, la lectio divina et la vie fraternelle. Heureux dans mon travail et investi dans la paroisse Saint Patern, j’ai enfin pu dire oui au Seigneur, à cette vocation dans la vocation, avec l’aide de Véronique.