Laudato Si’: « Il faut que les idées infusent »

Laudato Si’: « Il faut que les idées infusent »

Thierry et Véronique RicoeurThierry et Véronique Ricoeur ont été récemment nommés « chargés de mission pour la mission Laudato Si’ » par Mgr Dominique Lebrun. Entretien avec Thierry, qui est aussi diacre permanent et aumônier de l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes.

On dit que Laudato Si’ est une encyclique écologique. En fait, c’est une encyclique sociale ». Cette confidence, le pape François l’a faite lors de la visite ad limina de plusieurs évêques français à Rome, au mois de mars. C’est dire l’ampleur de cette encyclique, dont on ne cesse de découvrir le foisonnement cinq ans après sa parution. La Conférence des évêques de France a choisi ce thème pour ses assemblées pendant trois ans. Au sein du diocèse, une mission vient d’être créée pour étudier ce texte et ses implications pratiques. Alors que le Saint-Père vient de publier une nouvelle encyclique sur la fraternité, Laudato Si’ n’a pas fini de déployer sa beauté.

Comment concevez-vous cette mission?

Thierry Ricœur. Il s’agit bien d’une mission et non d’un nouveau service diocésain. Une mission limitée dans le temps, mais un temps suffisamment long (trois ans) pour explorer la richesse de cette encyclique, en tirer des leçons et des conclusions concrètes. Le sujet est vaste: l’écologie intégrale! Il faut le traiter dans tous ses aspects environnementaux – le travail accompli par le Comité Église verte, animé par Maïté Massot, nous sera précieux – mais aussi économiques, sociaux, bioéthiques… « Tout est lié », nous dit le pape François, le cri de la Terre et le cri des pauvres. Cette relation nous conduit forcément à travailler ensemble, de façon transversale, pour aborder cette encyclique de manière globale.

Quelles seront vos premières actions?

Nous en sommes au début, à la mise en place d’une méthode et à la constitution d’une équipe. Elle comprendra des profils divers correspondant à la variété des thèmes abordés dans Laudato Si’ : agriculteurs, travailleurs sociaux, économistes, enseignants… Des jeunes et des vieux, des laïcs et des religieux! Les enfants tiendront une place centrale dans notre réflexion puisqu’il s’agit de savoir quelle Terre nous allons leur léguer. La première année sera un temps de questionnement et de réflexion, nourri par tout ce qu’ont déjà fait les services et les paroisses. Nous allons leur envoyer un courrier pour sonder leurs attentes et recueillir leurs suggestions. Cela doit aussi permettre aux équipes pastorales de s’approprier cette encyclique ou d’en approfondir leur connaissance. Ensuite, viendra le temps des propositions. Il faut que les idées « infusent ». L’Esprit Saint continue de faire son travail.

Vous allez y associer les paroisses?

Bien sûr! Je vais prendre mon bâton de pèlerin. Nous participons déjà à des assemblées paroissiales. Je sais que les curés et les délégués pastoraux ont beaucoup à faire, dans tous les domaines. Nous trouverons le moyen de travailler ensemble sans trop ajouter à leur charge. Notre but, c’est de donner envie à chacun de s’engager dans la voie que trace le pape. Nous voulons aussi y intéresser les élus. Beaucoup ont entendu parler de Laudato Si’ sans en connaître vraiment le contenu. Nous interviendrons lors de la retraite des élus qui se déroule à l’abbaye Saint-Wandrille, en collaboration avec Guillaume Houdan, diacre chargé des relations avec le monde politique. Que faire dans nos pays dits développés ? Les pauvres, ce sont bien sûr ceux qui souffrent du manque d’eau ou de la déforestation, mais nous devons aussi nous tourner vers tous ceux qui s’étourdissent dans une frénésie de consommation. Nous serons enfin attentifs aux travaux de la Conférence des évêques de France, qui s’est emparée de ce sujet.

Que nous apprend la pandémie sur nos comportements, justement?

D’une certaine façon, elle nous rappelle cruellement aux réalités en nous mettant face à nos limites nous ne sommes pas tout-puissants ! Je pense aussi qu’elle nous ramène à l’essentiel, c’est-à-dire au prix de la vie. Elle devrait, je crois, nous inciter à changer de comportement. Il ne s’agit pas de « revenir en arrière » mais d’apprendre à distinguer l’accessoire de l’essentiel, le gadget de l’indispensable. Le pape parle de « sobriété heureuse ». C’est ce vers quoi nous devons tendre.■

Article de la revue « Eglise de Rouen »

 

24 heures à Saint—Wandrille autour de « Laudato si » proposées à tous les élus du diocèse de Rouen les 18 octobre et 19 octobre

Prendre un moment pour soi, pour découvrir ou redécouvrir l’encyclique Laudato Si’ sur la sauvegarde de la maison commune, méditer sur notre rapport à la Terre, et mieux s’engager. Des temps d’écoute du père abbé et de témoins; de silence; d’échanges, de prière pour ceux qui le souhaitent, dans le cadre historique et hautement spirituel de l’abbaye de Saint-Wandrille, où le père abbé accepte de nous accueillir. Deux formules possibles les 24 heures, du dimanche 16 heures au lundi 18 heures, avec nuit à l’hôtellerie, ou 1 ou 2 demi-journées au choix dimanche 16h-20h / lundi 8h–14h / lundi 13h-18h À chaque fois, une intervention, un temps pour soi et un repas. Contact: Guillaume Houdan, chargé de mission auprès du monde politique et des élus, 0666464483 /