Rétablissement du diaconat permanent – 50 ans après

A l’occasion du 50ième anniversaire du rétablissement du diaconat permanent par le Concile Vatican II, la revue DIACONAT AUJOURD’HUI a publié un numéro spécial (DA172 – octobre 2014).
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Monseigneur François Blondel, Président du Comité National du Diaconat, en a rédigé l’éditorial.

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Accepter de faire signe.

Leurs prénoms reviennent spontanément : André, Camille ; leurs visages aussi. Ils ne se sont pas connus. Leurs diocèses étaient des deux côtés du Massif central.
Chacun est au point de départ de la restauration du diaconat permanent dans son église particulière. Ils sont les premiers. Point de départ qui est un double acte de foi, celui de jeunes évêques convaincus de la route ouverte par le Concile : « Il faut appeler des diacres, et là, on peut y aller, on a confiance ! » Et leur foi à eux, simple — leur foi et celle de leurs épouses, toutes deux s’appelaient d’ailleurs Madeleine : « Père, si vous croyez, oui ! » Les premières années furent longues. Ils sont restés seuls. Ils allaient de soirées en réunions pour « témoigner »… « Enfin, un diacre, ça sert à quoi ? Ça change quoi ? » Sous la question que l’on veut penser maladroite plutôt que suspicieuse, il y avait une ligne vraie : recevoir le sacrement de l’ordre dans le degré du diaconat, c’est accepter de faire signe — pas tout seul bien sûr, mais quand même ! Et ça, c’est compliqué à faire saisir. On se sent pauvre, on l’est, et si le signe était là, d’ailleurs ? Des vies qui font signe dans la vie de tous les jours, travail, rencontre, engagement. Une trace de sacrement. Peu à peu sont arrivés des plus jeunes, ils étaient moins seuls, moins devant, comme en vitrine. Spontanément, ils se sont appelés les uns les autres « frères » dans une vie amicale. Prémisse de la fraternité diaconale.
Le diaconat permanent a pris sa place, une belle place dans le paysage de notre Église en France.
Aujourd’hui, nous fêtons ses noces d’or. Pour les diacres, nous retrouvons la parole de Pierre : « De l’or ou de l’argent, je n’en ai pas, mais ce que j’ai, je te le donne, au nom de Jésus Christ, lève-toi et marche. »
Allez regarder les Actes des apôtres au chapitre 3. Le moment est celui de la prière liturgique…
L’office. Le lieu est la porte, le seuil du Temple. Même s’ils n’en sont pas les propriétaires, c’est aussi leur place souvent. La rencontre, celle de deux pauvretés : celle du mendiant, pauvre de naissance — excusez du peu — et celle de Pierre et de Jean, démunis, sinon de la foi en ce Christ dépouillé quelques jours auparavant sur la croix et pourtant porteur de Vie. Mendiant et ministres de l’Évangile sont à la même hauteur : « Regarde-nous… Et ils le firent se lever. »
Bon anniversaire frères diacres et bonne route pour le deuxième jubilé de cinquante ans.

+ Mgr François BLONDEL
Évêque de Viviers